Bilan 2019

J’ai un énorme respect pour les entrepreneurs qui ont su croître de leur garage à des multinationales de plus de 1000 employés. C’est un parcours extraordinaire que de grandir avec son organisation, puisque le mode d’emploi est aussi flou que celui de devenir parent pour la première fois. On essaie du mieux de prendre les meilleures décisions, sans trop savoir si ce sont les bonnes. Et un jour, l’entreprise, comme l’enfant, devient assez autonome pour que notre rôle se métamorphose. Je vis ces changements à petite échelle, puisque Le Chiffre n’a pas la croissance explosive d’une start-up technologique, mais imaginez-vous changer radicalement d’emploi, par la force des choses, sans plan de carrière, vers un rôle qui demande des aptitudes et compétences radicalement différentes de celles qui ont fait notre premier succès.

Nos beaux minois en 2019. Une personne apparaît deux fois, devinez laquelle.

 

L’incapacité des fondateurs à se sortir de leurs paradigmes initiaux est d’ailleurs la principale raison pour laquelle des entreprises stagnent à des plateaux pendant plusieurs années. Voici une table de diagnostic des raisons qui amènent le sur-place, et elle ne s’applique qu’aux entreprises qui désirent grandir, puisqu’il y a une sagesse à savoir s’arrêter:

– 0-3 employés : À ce stade, les fondateurs souffrent souvent d’une incapacité à vendre leur salade.

– 3-5 employés : Les employés sont uniquement vus comme une extension des fondateurs, une façon de multiplier leur capacité. Si nous sommes occupés à 100%, une personne de plus nous permet d’être occupés à 175%, n’est-ce pas?

– 6 à 15 employés : C’est le moment où les fondateurs peuvent réellement se donner un titre prestigieux (être PDG d’une entreprise de 3 employés, ce n’est pas sérieux), parce que c’est là que l’on devient véritablement un gestionnaire. À ce stade, un apport technique de même qu’un apport managérial sont requis, mais il n’est pas possible de rester le nez collé dans la livraison et espérer réussir.

– 15 à 125 employés : Il existe de nombreux paliers de croissance dans ces eaux, et selon l’industrie, les structures et les responsabilités sont amenées à changer. Cela dit, une entreprise aura pratiquement toujours la même structure : Finance, Livraison, Ventes et Ressources Humaines. Les entreprises qui ne savent pas trouver les bonnes personnes ou les bons partenaires pour ces responsabilités ont difficilement espoir de passer à la prochaine étape. C’est aussi le moment crucial où les fondateurs doivent véritablement commencer à faire de la stratégie, mais aussi à travailler activement aux méthodes pour les opérationnaliser.

– 125 employés et plus : C’est la période où la tribu commence à se désagréger. Au-delà de ce point, la capacité du groupe à établir des liens sociaux avec tous commence à s’effriter. On ne sait plus qui est généreux, qui est un tricheur, qui a couché avec qui, et autres potins, alors la confiance organique entre les individus diminue progressivement. C’est à peu près à cette taille que les groupes nomades se scindent naturellement. Les dirigeants qui ne savent pas mettre en place des processus et des structures solides, venant remplacer ces liens informels, naturels, ne verront jamais le nez de la prochaine étape.

– Beaucoup plus d’employés que ça: Qu’en sais-je? Nous servons très peu d’entreprise de cette taille. Je vous en parle lorsque nous y sommes rendus.

Pour ma part, je vis avec les changements avec résolution: m’adapter ou m’arrêter. C’est toujours plus facile de le faire quand on a su bien s’entourer, et j’ai la chance d’avoir des collègues extraordinaires.

Rendu ici dans le texte, je me demande pourquoi nous ne sommes pas rentrés dans le vif du sujet : le bilan 2019. On me reproche souvent d’être trop verbeux dans mes textes ; un article de blogue devrait être de 300 à 600 mots, sans plus, pour espérer être lu par le plus grand nombre de personnes. J’ai pour mon dire qu’un article devrait être le nombre de mots qu’il prend à être écrit. Mais encore, serait-ce le temps de demander au fondateur d’arrêter d’écrire son propre contenu?

Allez, voici les derniers bilans :

Bilan 2017 

Bilan 2018 

Et celui de l’année :

 

Bilan 2019

Avant tout, commençons par la section préférée de tous : Le Chiffre en chiffres.

 

2014 2015 2016 2017 2018 2019
Collègues 1 7 12 16 23 30
Clients 4 51 83 157 225 300+
Classeurs 1 1 1 1 2 4*
Déménagements dans l’année 0 1 0 1 1 1
Visites au zoo de Granby 0 0 0 0 0** 0***

 

* La prolifération des classeurs chez Le Chiffre est un cancer qui est surtout dû à la papeterie, pas aux dossiers clients.
** Nous n’y sommes pas allés l’année passée.
*** Nous n’y sommes pas allés cette année.

Je profite de cette occasion privilégiée pour vous présenter Belle Machine, notre imprimante. Jean Gabriel l’avait gagné lors d’un tournoi de golf il y a maintenant 6 ans de cela. C’est notre seule imprimante depuis le début, et elle devient de plus en plus capricieuse. Avoir une vieille imprimante est une magnifique façon de bâtir une pratique digitale par la force des choses. C’est un point d’ordre chez Le Chiffre, il faut apprivoiser cette magnifique bête, parce qu’il n’y en aura pas d’autres tant qu’elle sera au bout de ses rouleaux. Et ça approche, considérez cet hommage comme un long épitaphe.

Belle Machine, dans son habitat

 

Ce qui nous attend pour 2020

Nous comptons bâtir une pratique plus soutenable, mais surtout plus à même de supporter ses ambitions, soit de changer la profession au Québec. Encore une fois, c’est d’amener plus de valeur avec moins, mais c’est aussi de réfléchir à la manière de structurer une pratique qui arrive à un nouveau palier de croissance.

Nous avons un élan exceptionnel chez Le Chiffre, c’est dans l’air, presque tangible. Je ne souhaite pas que ces années soient reconnues comme un âge d’or, mais bien comme un passage vers quelque chose de mieux. Dans un contexte où nous cherchons toujours à nous dépasser et où nous sommes bien loin de place que voulons occuper, de l’impact que nous désirons avoir, il nous incombe de continuer à faire preuve de créativité dans notre façon de pratiquer notre métier, à plus grande échelle, avec plus de moyens, avec plus de responsabilités.

 

Photo de famille dans la cuisine

Dans l’immédiat, c’est :

– Bâtir la structure de travail optimale pour une unité de 30 à 50 comptables. Dans les projets en cours, nous en avons d’automatisation, de travail internationalisé, d’harmonisation des pratiques et de développement de notre capital intellectuel. Nous avons un bassin formidable de collègues, talentueux et motivé, et de plus en plus de nouvelles recrues se joignent à nous. Je suis d’ailleurs toujours surpris de notre capacité à intégrer ceux-ci, qui est surtout liée à la qualité du leadership de notre noyau « d’ancien » (un badge qu’on prend peu de temps à porter, dans notre monde de jeune cabinet). Il nous faut mieux les encadrer, mais surtout les mettre dans une position où ils peuvent rapidement avoir un fort impact chez nos clients.

– Mettre en pratique ce que nous évangélisons : soit de commencer à mieux mesurer nos résultats. Pas que nous ne le faisons pas déjà, le naturel de notre profession n’est jamais bien loin, mais nous avons toujours forcé la note en ce sens, sachant très bien que le succès d’une entreprise tient à beaucoup plus que ses métriques. Nous nous concentrerons sur 5 objectifs clés :

a. La satisfaction client, à travers des sondages que vous recevez déjà, chers clients.
b. La qualité de notre travail, avec un processus d’audit interne.
c. Notre rentabilité, avec l’argent qui nous reste pour payer ce beau monde et nous permettre de changer les choses.
d. L’engagement de nos collègues, à l’aide de l’outil Officevibe, pour s’assurer que l’atteinte de nos objectifs ne soit pas au détriment de nos gens.
e. Notre impact, soit notre facturation totale.

– Nous voulons également rayonner dans le milieu comptable, surtout auprès des jeunes qui ne se retrouvent pas dans les modèles plus traditionnels, qui ont l’intuition, comme moi à l’époque, que plusieurs des cabinets qui nous sont présentés sont bien éloignés du dynamisme que notre profession requiert en ces temps de fortes disruptions technologiques et générationnelles. Nous sommes restés par le passé dans notre coquille, à faire notre alchimie sans trop parler à l’Ordre, aux écoles ou même à nos collègues. Il est grand temps d’en sortir.

Le Chiffre dans un événement de l’Ordre?!?

Retour sur les objectifs 2019

 

Régler le problématique de la disponibilité par rapport à la validité

Une donnée en temps réel, non vérifiée, a l’avantage d’amener beaucoup de clarté dans les finances. La contrepartie, c’est qu’il est difficile de la valider avec autant de vélocité qu’elle est traitée par les systèmes.

Nous sommes toujours en plein chantier de clarification des règles d’affaires et d’harmonisation totale de notre approche pour 80% de ce qui touche un client. Idéalement, nous visons à avoir un service beaucoup plus robuste et automatisée pour nos clients « no-touch » et « low-touch ».

Jouer avec les grands

Notre ambition avouée était de pouvoir accompagner des joueurs locaux ambitieux, avant-gardistes, qui désirent conquérir la planète à partir du Québec. En plus concret, c’était de mieux fourbir notre arsenal de connaissance sur les enjeux administratifs, financiers et comptables d’entreprise qui souhaitent faire partie des plus performantes de leur secteur.

À ce titre, nous nous sommes dotés d’un département d’intégration et de transformation numérique, qui œuvrera dans les prochaines années à œuvrer dans la complexité des entreprises qui veulent être intégrées, sans avoir à dépenser des dizaines de milliers de dollars en programmation.

 

L’année 2019 en faits marquants

• Nous avons doublé la superficie de nos bureaux, encore.
• Nous avons assisté à notre premier Xerocon.
• Notre tradition d’une personne qui commande le lunch pour tous, le vendredi, est devenue un exercice comptable. C’est le véritable test technique pour les nouveaux.
• Marilyn et Sabrina ont démarré un OBNL de dog-sitting pour leurs collègues. Nous espérons qu’ils lancent une autre branche pour les nombreux nouveaux bébés.
• Parlant de nouveaux bébés, on les nomme : Alice, Maxence, Matias, Léanne et Charlie. Félicitations pour votre naissance!
• L’exode migratoire de nos collègues vers le sud de Montréal s’est poursuivi, mais cette fois de l’autre bord du pont.
• Louis-David a véritablement arrêté la cigarette. C’est un gag que je répète depuis 3 ans qui s’envole en fumée.
• JC-dit-oui s’est qualifié pour le marathon de Boston.
• Jean Gabriel, fondateur de la boîte, n’a pas de photos sur le site web.

Nous vous souhaitons le meilleur pour 2020!

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Nous mettons rarement à l’avant-plan nos relations avec nos clients, mais nous avons cru pertinent de vous en présenter une qui nous tient particulièrement à cœur. Depuis quelque temps, nous travaillons avec Oatbox comme conseillers, tant

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